Discographie par Marcel Beaucamp
 

1968

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1988

1989

1993

2000 2007

L’ANNEE  1968 

C’est au cours de cette année que Gérard Lenorman enregistre son premier 45 T dont le titre phare est « Le vagabond ».
C’est lui-même qui a écrit cette chanson (paroles et musique) à l’âge de 12 ans : sachant qu’il a vécu une enfance assez difficile, on ne s’étonnera pas de découvrir que le sujet traite d’un jeune garçon qui voit passer un vagabond et souhaite le suivre pour vivre sa vie et disposer de liberté tout comme lui.
Le vagabond possède un harmonica et cet instrument domine l’orchestration dans le refrain.
Création de la chanson à 12 ans, mise en application à 20 ans avec départ du foyer familial pour aller vivre de sa musique, enregistrement du disque à 23 ans : pas de doute, Gérard a de la suite dans les idées.
Les 3 autres chansons ont beau être douces musicalement parlant, elles ne sont pas franchement gaies au niveau des textes.
Alors que l’amour s’est éteint, il « Reste une chanson » à l’auteur (tous les amoureux ont leur chanson, c’est bien connu) pour se souvenir de celle qu’il aime : c’est langoureux mais rien par rapport aux deux morceaux de la face B.
Deux enfants s’aiment mais arrive le moment où le garçon part à la guerre et y laisse sa peau : désespérée, elle n’arrête pas de penser à lui : pas drôle, pas drôle.
Dans « A cœur la vague », son épouse avait un amant, tous deux ont trouvé la mort et Gérard qui n’y trouve aucun réconfort, va au contraire se suicider : la totale.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Le vagabond

G. Lenorman

2’23’’

Reste une chanson

G. Lenorman

3’35’’

Roule ma bille

B. Bergman et G. Lenorman

2’41’’

A cœur la vague

B. Bergman et G. Lenorman

2’25’’

 

Autre thème qui fera partie de son fonds de commerce : la souffrance amoureuse.
Deux exemples pour illustrer cela : au cours de ses galas, il chante « Ne me quitte pas » de Jacques Brel et il  compose une chanson qui évoque la séparation de deux êtres (« Le pont des souvenirs » qui n’apparaîtra jamais en disque). 

Chanson

Auteur

Durée

Le pont des souvenirs

G. Lenorman

3’58’’

Le deuxième simple fait apparaître d’autres caractéristiques de l’interprète : « Rêve » incite les gens à profiter des bons moments de la vie et à penser au futur sans revenir en arrière, le romantisme et la nature sont déjà présents et cela ne va pas s’arrêter là.
Plus léger, « Les filles de la plage » (une valse) indique qu’il n’y a aucun mal à regarder de jolies filles (si cela se limite à cela) même si on a quelqu’un dans sa vie, on peut aussi traduire les paroles en faisant la distinction entre la fidélité et les amours éphémères représentées par ces créatures en train de bronzer.
Gérard se dit prêt à protéger une jeune israélienne et lui faire oublier la violence active dans son pays (« Tu viens d’avoir vingt ans »), certains passages musicaux sont typiques des régions du Moyen-Orient : pour l’artiste, il s’agit d’une première, quoique légère, prise de position.
L’aspect bucolique apparaît aussi dans « Le soleil est revenu » car les gens et les animaux sont plus heureux, et la nature plus belle, avec le retour du printemps.
Malgré d’indéniables qualités, ce disque ne va pas permettre à l’interprète de « décoller ». 

Chansons

Auteur(s)

Durée

Rêve

Ch. Arabian et G. Lenorman

2’55’’

Les filles de la plage

G. Lenorman

2’50’’

Tu viens d’avoir vingt ans

G. Bourgeois, J.- M. Riviere et G. Lenorman

2’30’’

Le soleil est revenu

Ch. Arabian et G. Lenorman

2’45’’

 

C’est grâce au troisième single que beaucoup vont reconnaître le talent de Gérard Lenorman.
Les deux chansons de la première face sont superbes : « Nocturne » conte une histoire d’amour intensive mais brève car l’auteur a dû partir pour un motif professionnel ou autre, cependant il continue de penser à elle : Gérard met beaucoup d’expression dans la voix pour dénoncer sa douleur.
Si le soleil est un atout pour les êtres et la campagne, comme il le dit sur le 45 T précédent, l’interprète n’est nullement dérangé par la « Pluie » car un romantique tel que lui y trouve des avantages lorsqu’il est en galante compagnie.
Les deux morceaux de la face B sont moins mélodieux : « A quatre pas du paradis » traite le thème délicat de la découverte de l’amour physique, un sujet qui était pourtant toujours tabou à cette époque ; Quant au dernier titre « Le marchand d’étoiles », il évoque l’hypocrisie d’un beau parleur qui a réussi à embobiner la fiancée du chanteur avant de l’abandonner mais, plein de bons sentiments à l’image d’ailleurs du contenu de ses premières œuvres musicales, Gérard Lenorman est prêt à lui ouvrir à nouveau ses bras. 

Chansons

Auteur (s)

Durée

Nocturne (Et puis …)

Ch. Arabian et G. Lenorman

3’15’’

Pluie

Ch. Arabian et G. Lenorman

3’03’’

A quatre pas du paradis

Ch. Arabian et G. Lenorman

2’49’’

Le marchand d’étoiles

F. Gérald et G. Lenorman

3’20’’

 

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ALBUM  « GERARD  LENORMAN »

 

Année: 1969

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Si les murs pouvaient parler

G. Lenorman et F. Gérald

2’36’’

Cœur aux nuages

G. Lenorman et C. Arabian

3’32’’

Apocalypse

G. Lenorman et C. Arabian

3’34’’

La fille de paille

G. Lenorman et F. Gérald

2’25’’

Sueva

G. Lenorman et F. Gérald

3’04’’

Où vais-je aller ? (Where do I go ?)

G. Mac Dermot, G. Ragni, J. Rado et J. Lanzmann

2’55’’

Laissons entrer le soleil (Let the sunshine)

G. Mac Dermot, G. Ragni, J. Rado et J. Lanzmann

3’17’’

Je partirai

P. Money et B. Bergman

3’15’’

J’ai besoin d’exil

G. Lenorman

3’10’’

Le radeau

G. Lenorman et C. Arabian

3’01’’

Commentaires :

Encouragé par la reconnaissance et les bonnes critiques des chansons de son troisième 45 T, Gérard Lenorman remet son ouvrage sur le métier et sort de nouveaux simples en 1969 et 1970, quoique ceux-ci ne comportent plus que deux titres car on est dans cette période de transition qui veut que les singles ne possèdent plus que deux chansons au lieu de quatre.
Le résultat est cependant assez identique au niveau commercial, un succès d’estime ne nourrissant pas son homme.
Mais après que l’artiste ait succédé à Julien Clerc dans « Hair », le succès commence à pointer le bout du nez, ce n’est pas encore une consécration internationale mais Gérard Lenorman commence à faire parler de lui dans l’hexagone.
Un nouveau 45 T apparaît dans les bacs avec les deux chansons qu’il interprète dans la comédie musicale puis rassemble le tout sur le 33 T intitulé tout simplement « Gérard Lenorman ».
L’album comprend certaines chansons qui ne feraient pas tâche dans la période de gloire de Gérard mais d’autres sont moins mélodieuses.
Elles traitent de l’amour et de ses problèmes : le doute sur la fidélité (« Si les murs pouvaient parler »), la timidité freinant la déclaration de sa flamme (« Cœur aux nuages »), l’envie de reprendre sa liberté (« J’ai besoin d’exil »), la séparation (« Je partirai »), la volonté de reconquérir celle qui l’a laissé tomber et qui vient de subir le même avatar (« Sueva ») et la difficulté d’aimer une fille trop indépendante (« la fille de paille » : une des deux chansons que Gérard Lenorman a écrites pour Brigitte Bardot et qu’il a repris à son compte).
Le côté romanesque de l’artiste apparaît dans « Le radeau » et puis au milieu de tout cela une chanson catastrophe (« Apocalypse ») qui a le mérite d’apporter quelque chose de différent avec une belle orchestration en soutien.

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ALBUM  « Les matins d'hiver »

 

Année: 1972

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Il

G. Skornik

3’13’’

De toi

D. et R. Seff

3’50’’

La fête des fleurs

D. et R. Seff

1’56’’

Plus de soleil (au lever du jour)

D. et R. Seff

2’36’’

Le petit prince

D. et R. Seff

2’55’’

Rien n’est plus beau

M. Jonasz et A. Goldstein

2’40’’

Les matins d’hiver

D. et R. Seff

2’52’’

Le chemin

D. et R. Seff

2’48’’

Les jours heureux

D. et R. Seff

3’17’’

N’en parlez pas

J. Demarny et B. Estardy

3’20’’

Waterloo

R. Dumas et D. Seff

3’29’’

Love song (à la tombée du jour)

L. Duncan et R. Seff

3’44’’

 Commentaires :

Les titres qui composent cet album sont indiscutablement ceux qui ont révélé Gérard Lenorman aux yeux du grand public.
Certes, Gérard avait déjà enregistré quelques 45 T et un premier 33 T mais ceux-ci passèrent inaperçus sur les ondes, pourtant la qualité de plusieurs chansons était déjà bien présente.
Les plus initiés savaient que Lenorman avait succédé à Julien Clerc pour jouer la comédie musicale « Hair » mais il fallut attendre la déferlante de « Il » sur les postes de radio pour que la plupart des auditeurs le découvrent.
L’artiste sortit 3 autres 45 T, autant de succès, avant de voir arriver l’album dans les bacs des disquaires.
Les 8 chansons sorties précédemment en simples s’y trouvaient et ainsi le public connaissait déjà une grande partie de l’œuvre.
« Les jours heureux » fit également son apparition en 45 T, donc en tout cinq singles virent le jour, soit dix chansons sur les douze du 33 T, y a-t-il plus belle preuve de la valeur de ce dernier ? Le jugement du public restera toujours le principal élément à prendre en considération pour attribuer une note positive à un album et à son interprète.
Les mélodies sont excellentes, les frères Seff, Daniel et Richard, ayant réalisé un formidable travail en étant auteurs ou co-auteurs de neuf plages : la griffe des deux frangins plane sans discussion possible sur cet album.
La douceur des chansons et la beauté des musiques ne doivent pas cataloguer tous les titres dans une même catégorie au point de vue de l’orchestration : il y a une grande variété dans les rythmes.
Par exemples, certains morceaux tels « La fête des fleurs » ou « Waterloo » sont très entraînants alors que  « Love song, à la tombée du jour », sans doute la chanson la moins connue de l’album, est tout le contraire : très lente et avec peu de changement dans la vitesse d’interprétation.
Quant aux autres, si la tendance générale est plutôt celle des ballades, les modifications de rythme au sein des chansons, tant au niveau du support musical que dans la voix de Gérard, s’harmonisent parfaitement avec les mélodies.
Concernant les paroles, elles vont caractériser, mais de manière un peu trop restrictive, ce que sera l’univers musical de Gérard Lenorman : les qualificatifs attribués au chanteur reviendront toujours graviter autour de lui en faisant fi de ses prises de positions ultérieures.
Cette remarque peut d’ailleurs s’appliquer à sa musique qui évoluera et fera apparaître un plus grand éventail de styles.
Romantique
(« Il », « Le chemin »), nostalgique (« Les matins d’hiver »), bucolique, ami de la nature (écologique avant l’heure, diront certains, mais ce terme a une connotation politique que même l’artiste ne revendique pas), animé de bons sentiments, rêveur, sont des mots qui lui colleront à la peau : ils sont certainement justifiés mais encore une fois trop limitatifs par rapport au personnage et à ses idées.
Un autre des thèmes favoris de Gérard Lenorman est omniprésent sur l’album : l’amour, qu’il soit heureux (« Les jours heureux »), souhaité (« N’en parlez pas »), vacillant (« Plus de soleil au lever du jour ») ou brisé (« De toi »).
Mais il serait trop simpliste d’accoler un seul des termes évoqués ci-dessus avec chaque chanson : l’amour et la nature se retrouvent notamment dans plusieurs morceaux (« La fête des fleurs », « Love song, à la tombée du jour », « Rien n’est plus beau »).
À propos de ce denier titre coécrit par Michel Jonasz (Pourquoi celui-ci n’a-t-il pas écrit et/ou chanté plus de mélodies comme celle-là ?), il faut signaler que c’était la face B du 45 T « Il » et si on se souvient que « La fête des fleurs » était sur le même single que « Le petit prince », on conviendra que ces deux chansons, souvent reprises sur des compilations car elles ont eu leur petit succès, apportent, si cela était encore nécessaire, la preuve que l’ensemble de l’album était composé de titres pour la plupart appréciés du public et que sa création était soignée, aucun morceau ne se trouvant sur ce 33 T pour jouer les « bouche-trous » et faire simplement apparaître un nombre suffisant de chansons avant de pouvoir mettre le disque sur le marché.
Enfin, « Le petit prince » (basé sur le roman d’Eugène de Saint-Exupéry) et « Waterloo » témoignent de l’envie de se plonger dans un autre monde ou d’évoquer une époque différente : toujours le romantisme à l’honneur mais aussi un petit côté surréaliste qui ne deviendra cependant pas la caractéristique principale de l’album car « Waterloo », pourtant une jolie chanson, n’obtiendra qu’un succès moyen alors que « Le petit prince » permettra surtout aux médias d’affubler l’artiste du surnom (qui lui va très bien) de « Petit prince de la chanson ».

En complément :

Voici les 45 T extraits de l'album:

1971 : Il - Rien n'est plus beau

1972 : De toi - Plus de soleil au lever du jour

1972 : Le petit prince - La fête des fleurs

1972 : Les matins d'hiver - Le chemin

1973 : Les jours heureux - N'en parlez pas

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L’ANNEE  1973

Gérard Lenorman n’enregistra pas de LP au cours de cette année 1973 mais il resta très présent sur les stations de radio grâce aux différents 45T.
Après l’apparition en single du dernier titre incontournable (« Les jours heureux ») de l’album « Les matins d’hiver », le chanteur allait sortir deux autres simples au cours de l’année : tout d’abord « Si tu ne me laisses pas tomber » allait tellement cartonner sur les ondes et dans les ventes qu’il éclipsa la pourtant très jolie face B « Mourir au champ d’amour », ode lyrique à ce sentiment et qui comporte aussi une première « touche » vers le Seigneur.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Si tu ne me laisses pas tomber

P. Delanoë et P. Boussard

3’00’’

Mourir au champ d'amour

J. Demarny + M. Mallory et Y. Gilbert

3’09’’

 

Puis vint « Le magicien » qui connut moins de succès : c’est une chanson joyeuse, sans prétention, qui s’adresse plutôt à un jeune public, le genre de titre qui ouvre un spectacle.
L’autre face « Après tant de souvenirs » est très mélancolique et parle des illusions perdues.
Cette chanson ne passa guère dans les médias mais l’artiste en remit une couche pour traiter ce thème qui lui tenait à cœur car on le retrouva dans les paroles de plusieurs titres du 33 T « Quelque chose et moi » qui allait sortir en 1974.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Le magicien

R. et D. Seff

3'16"

Après tant de souvenirs

J. Demarny et D. Seff

3’31’’

 

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ALBUM  « Quelque chose et moi »

 

Année: 1974

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Sur les quais

R. Parisot et G. Mattéoni

2’45’’

Comme une rose noire

R. et D. Seff

3’

Sans poulies ni ficelles

M. Vidalin et J. Musy

3’05 ‘’

Je n’ai jamais rencontré Dieu

P. Delanoë et P. Boussard

4’12’’

Quand on n’aime pas

R. et D. Seff

2’39’’

Quelque chose et moi

P. Delanoë et C. Morgan

3’04’’

Soldats ne tirez pas

M. Vidalin et G. Mattéoni

3’12’’

Je voudrais devenir berger

J. Demarny et B. Estardy

3’02’’

Le bal des au revoirs

R. et D. Seff

3’40’’

Je viens vers toi

R. et D. Seff

3’10’’

Si tu ne me laisses pas tomber

P. Delanoë et P. Boussard

3’

Quand une foule crie bravo

P.A. Doucet et C. Gaubert

4’25’’

Commentaires :

Cet album d’excellente facture va confirmer, outre les qualités de son interprète, ce que les chansons enregistrées précédemment laissaient entrevoir de Gérard Lenorman : son profil musical, ses idées et les sujets qu’il aime aborder.
Le romantisme est toujours à l’honneur, l’amour est à nouveau très présent ainsi que les déceptions qu’il peut engendrer, le charme de la campagne et la beauté de la nature sont évoqués, les bons sentiments (encore un poncif systématiquement accolé à Gérard) apparaissent dans « Je viens vers toi » qui fait la part belle à la solidarité.
Mais d’autres moments de l’existence, des périodes plus difficiles, sont mis en évidence notamment la solitude ou le mal-être.
« Il », le premier grand succès de Lenorman faisait aussi allusion (et comment !) à la solitude mais le solitaire évoqué dans la chanson semblait très heureux de son sort et de sa vie en ermite mais à présent le chanteur tient à souligner que le fait de rester seul n’est évidemment pas toujours un choix (« Quand on n’aime pas »).
Le fait d’être mal dans sa peau et l’envie d’aller voir ailleurs si l’herbe n’y est pas plus verte sont soulignés à plusieurs reprises mais la fuite en avant n’est pas la meilleure solution et souvent on revient sur ses pas (« Le bal des au revoirs », « Si tu ne me laisses pas tomber ») ou on ne part pas afin de ne pas courir après des chimères (« Sur les quais »).
Après tout ne vaut-il pas mieux être seul que mal accompagné ?
La part de rêve de chacun d’entre-nous doit s’effacer devant les réalités de la vie et tout le monde peut trouver son bonheur autour de lui avec un peu de bonne volonté et d’optimisme : voilà le message que Gérard tient à envoyer aux auditeurs de cet album.
Quand un amour s’est brisé (« Comme une rose noire », superbe chanson hélas trop méconnue), Gérard Lenorman ne s’en va pas au loin pour espérer des jours meilleurs mais choisit la solitude en s’évadant, ne serait-ce qu’en pensée, dans un cadre qu’il affectionne (« Je voudrais devenir berger »).
Mais, comme sur l’album précédent, le chanteur aime se trouver à une époque différente (« Soldats ne tirez pas », une chanson très rythmée mais dont on n’a pas perçu le côté antimilitariste, pourtant bien réel, de Gérard) ou cultiver une part de mystère comme dans le titre qui donne son nom à l’album : est-ce parce que l’amour y est au zénith que certains textes tendent vers ce que, cette fois, on peut franchement appeler du surréalisme ? (« 
J’ai envie d’ouvrir la fenêtre pour me voir passer dans la rue »).
 « Sans poulies ni ficelles » confirme un peu cette tendance car on y évoque la complainte d’une marionnette qui aimerait se déplacer comme un être humain : certains y verront un message plus profond arguant que bien des gens sont manipulés dans la vie mais il s’agit plus simplement d’une évocation de l’imaginaire que l’artiste aime mettre en exergue : après tout, il ne s’agit jamais que d’un élément du romantisme qui reste la caractéristique numéro 1 de l’univers de Gérard Lenorman.
Le petit prince de la chanson, malgré sa notoriété relativement récente est aussi conscient de la fragilité de la gloire, l’éventuelle perte de contact avec le public serait très mal ressentie par lui (« Quand une foule crie bravo ») : encore une fois, on peut profiter du moment présent, songer à un bel avenir tout en étant conscient des turpitudes de la vie.
Enfin la religion et l’amour de Dieu (Gérard est très croyant) apparaissent dans « Je n’ai jamais rencontré Dieu », première chanson faisant réellement allusion au catholicisme (d’autres suivront au cours de sa carrière) : il serait cependant inopportun, comme certains l’ont fait, de parler d’œcuménisme car le chanteur est bien trop tolérant pour prendre une telle position surtout dans un domaine aussi sensible.
En résumé, les paroles du disque confirment certains aspects découverts précédemment chez l’artiste mais en font apparaître d’autres, cependant Gérard Lenorman est avant tout un chanteur populaire et ne tient nullement à ce que ses textes ne soient pas accompagnés de belles musiques : opération réussie, c’est très mélodieux et il est hors de question de jouer au jeu des comparaisons avec l’album précédent pour observer qu’il y a moins de chansons connues du grand public que sur le 33 T antérieur.
Ce dernier fit un tel carton que cela mettrait toute l’œuvre suivante de Gérard en difficulté si on commençait à établir ce genre de rapport entre deux albums.
CBS plaça « Si tu ne me laisses pas tomber », gros tube de l’année 73, sur le disque avec onze nouvelles chansons : « Quelque chose et moi » et « Soldats ne tirez pas » furent des succès et sortirent sur le même 45 T, de quoi gâter les acheteurs d’autant qu’ils s’offraient ainsi une chanson douce et une entraînante, puis un autre simple vit le jour avec deux des meilleurs titres extraits du 33 T, quel dommage que l’un comme l’autre (« Je n’ai jamais rencontré Dieu » et « Je voudrais devenir berger ») soient à présent oubliés des radios ainsi que des maisons de disque qui établissent les compilations, mais cela n’enlève rien aux qualités de cet album.

En complément :

Voici les 45 T extraits de l'album:

1974 : Quelque chose et moi - Soldats ne tirez pas

1974 : Je n'ai jamais rencontré Dieu - Je voudrais devenir berger

ALBUM  « Noël du monde »

 

Année: 1974

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Noël du monde

P. Delanoë et G. Lenorman

3’07’’

Minuit chrétien

A. Adam et C. de  Roquemaure
Arrangement : Ch. Chevallier

3’06’’

Berceuse à l’enfant blond

Ch. Arabian et G. Lenorman

2’35’’

Douce nuit, sainte nuit

F. Gruber
Arrangement : Ch. Chevallier

3’21’’

Il est né le divin enfant

Traditionnel
Arrangement : Ch. Chevallier

2’56’’

Petit papa Noël

R. Vincy et H. Martinet
Arrangement : Ch. Chevallier

4’18’’

Les anges dans nos campagnes

Traditionnel
Arrangement : Ch. Chevallier

2’25’’

La prière

F. James et G. Brassens

3’10’’

Mon beau sapin

Traditionnel
Arrangement : Ch. Chevallier

2’25’’

Demain c’est votre fête à vous

P. Delanoë et W.A. Mozart
Arrangement : Ch. Chevallier

2’50’’

Noël blanc 

I. Berlin

2’48’’

On oublie quelques fois de s’aimer

P. Delanoë et R.V. Williams
Arrangement : Ch. Chevallier

3'00"

 Commentaires :

Ce second LP de l’année 1974 apparut au moment des fêtes de décembre et consiste en un ensemble de chansons de Noël, pour la plupart des standards repris par Gérard dont la voix se prête merveilleusement à ce type de musique.
Et puis Noël est une période de paix, un sentiment qui lui tient à cœur et que Gérard Lenorman ne manque jamais d’évoquer dans son œuvre.

La chanson titre, une des rares compositions originales du disque (avec une musique de l’artiste lui-même), passa beaucoup en radio et sortit en 45 T.

En complément :

Voici les 45 T extraits de l'album:

1974 : Noël du monde - La prière

L’année suivante, J. Demarny et P. Lemaître créèrent une autre chanson (« Noël perdu », beau mais triste car un père passe Noël sans son enfant pour cause de séparation des parents)) qui, dans un premier temps, fut destinée à la version canadienne de cet album, en remplacement de la chanson « Noël du monde ».

Depuis ce titre est apparu sur certaines des compilations qui virent le jour après l’apparition des CD.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Noël perdu

J. Demarny et P. Lemaître

3’10’’

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ALBUM  « Et moi je chante»

 

Année: 1975

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Caroline

B. Mathieu et G. Lenorman

2’36’’

Venus ou bien Venise

P. Delanoë et F. Bernheim

4’08’’

Sur le chemin de la vie

S. Makhno et C. Verdier

3’07’’

La fille que j’aime

M. Vidalin et J.- M. Jarre

2’46’’

On pourra partir

P. Delanoë et J.- P. Goussaud

3’20’’

Et moi je chante

D. Barbelivien et G. Lenorman

2’59’’

La belle et la bête

M. Vidalin et J.- M. Jarre

3’31’’

Une petite fille modèle

P. Delanoë et C. Chevalier

3’40’’

Marie

D. Barbelivien et G. Lenorman

2’39’’

Je vous écris

P. Delanoë et H. Salvati

3’25’’

Bonjour les petits enfants

M. Vidalin et G. Lenorman

4’29’’

 Commentaires :

Ce 33 T est certainement  celui où le chanteur plonge le plus son public dans le rêve et l’imaginaire.
La pochette, un dessin un peu caricatural plutôt qu’une photo, annonce déjà la couleur : certains morceaux seront différents de ce qui a été réalisé précédemment mais Gérard Lenorman tient à conserver son âme et, s’il propose des choses nouvelles à ses fans, il n’envisage nullement un virage à 180° en jetant aux oubliettes les qualités musicales des chansons pas plus que les sujets qui lui tiennent à cœur ni ses idées perçues depuis le début de sa carrière.
Les paroles de plusieurs chansons peuvent paraître assez déconcertantes à commencer par un des titres les plus connus « Et moi je chante » où Gérard exprime l’amour de son métier avec un texte très lyrique mais surprenant dans les couplets.
Cette jolie chanson à la mélodie très plaisante est également marquée par un décalage entre les paroles du refrain et le ton de l’interprétation, notamment lorsque Lenorman termine par un « je suis heureux » en découpant toutes les syllabes et avec dans la voix une expression semblant dire tout le contraire.
« La belle et la bête » marque une histoire d’amour aboutie entre deux êtres différents sur les plans social et physique, le fait d’utiliser l’œuvre de Cocteau pour montrer qu’il faut toujours y croire malgré les différences est une excellente idée et le texte de qualité est chanté sur un rythme soutenu avec une orchestration qui ne faiblit jamais : quand on l’entend une première fois, on n’est nullement étonné de découvrir que c’est Jean-Michel Jarre qui en a écrit la musique.
Dans cet album, le monde de l’enfance est souvent évoqué, tout d’abord sur le 45 T sorti avant la parution du LP « Sur le chemin de la vie » qui rappelle un peu « Les matins d’hiver ».
« Bonjour les petits enfants » est sans aucun doute autobiographique mais comme toujours la musique se doit de rester de qualité, c’est à nouveau le cas et de plus la chanson se termine par une splendide envolée de violons.
« La fille que j’aime » évoque l’amour entre deux enfants et, alors qu’elle n’est pas la plus connue du 33 T, est peut-être la chanson résumant le mieux l’ensemble de l’œuvre puisqu’on y retrouve l’enfance et l’amour, deux thèmes chers au cœur de l’artiste, le tout enrobé dans ce romantisme lié à Gérard : on a l’impression de lire un livre d’images ou d’être en plein conte de fées.
« Une petite fille modèle » possède certains points communs avec la précédente mais illustre surtout le plan de vie déjà bien établi d’une fille de dix ans, encore une fois il n’y a pas d’âge pour faire des projets.
Ce n’est peut-être qu’un rapprochement sans importance mais ce titre ressemble à celui d’un roman de la Comtesse de Ségur et si on sait que, quelques années plus tard, Gérard mettra en musique « Un bon petit diable », une autre œuvre de cet auteur, on se dit qu’il s’agit bien d’un nouveau clin d’œil au jeune public.
On le sait, le chanteur aime les rêves et souhaite que chacun de nous essaie de les réaliser mais pas à n’importe quel prix et uniquement s’ils sont accessibles : dans cet album-ci, il souligne une fois encore ce fait dans « Venus ou bien Venise ».
Dans « Je vous écris », Gérard s’adresse à une actrice en lui exprimant son admiration mais surtout son amour sincère pour la femme avant tout, celle qu’elle était avant de se retrouver dans ce milieu artificiel où les critiques vont bon train.
Gérard Lenorman n’a jamais été et ne sera jamais un amateur de strass et de paillettes et le monde du show-business n’est pas sa tasse de thé même si sa profession l’oblige à le côtoyer.
L’artiste enfonce encore un peu plus le clou dans « Marie », une chanson faisant le portrait d’une fille ayant progressé sur l’échelle sociale, mais dont le mode de vie est devenu assez dissolu et qui en a oublié ses origines modestes.
Indépendamment du contenu, « Marie » est surprenant au point de vue style musical, c’est une chanson rapide basée sur un rythme « square dance », Gérard veut prouver qu’il peut chanter autre chose que de belles ballades et le public lui donnera raison puisque le succès sera au rendez-vous et la chanson sortira en 45 T, avec s’il vous plaît « La belle et la bête » sur l’autre face.
N’oublions pas « Caroline » qui ouvre l’album, en hommage à son épouse (de l’époque), très douce et quasi instrumental exception faite du « je t’aime » final et enfin « On pourra partir » qui met en évidence une qualité auquel Gérard tient beaucoup : la sincérité.

4) En complément :

Voici les 45 T extraits de l’album: 

1974 : Sur le chemin de la vie - Je vous écris

1975 : Et moi je chante - Bonjour les petits enfants

1975 : Marie - La belle et la bête

L’ANNEE  1975

Outre le 33 T « Et moi je chante », Gérard Lenorman sortait cette année-là un double LP en live « Olympia 75 ».
Le spectacle reprenait bien entendu tous les succès depuis « Il » mais également 8 chansons qui n’étaient pas encore apparues en disques.
« Au-delà des rêves » et « La mort du cygne » allaient être revisitées en studio et se retrouver sur un album deux ans plus tard.
Quatre autres titres ne subiront aucun lifting et il faudra attendre les compilations CD pour que les fans, qui n’avaient pas acheté le 33 T en 1975, les découvrent mais forcément dans cette unique version : « la fanette », reprise du répertoire de Jacques Brel, conte une histoire d’amour tragique, deux chansons sans prétention destinées aux enfants : « Le petit lapin », composition de l’artiste lui-même, et « La parade » de Jean-Michel Jarre, et enfin « Ailleurs » écrite par Nicolas Peyrac qui parle de l’éloignement et de sa conséquence, la fin d’un amour.
Cette dernière chanson, superbe mélodie, aurait sans aucun doute mérité une autre carrière mais elle est restée très confidentielle faute de ne pas avoir été médiatisée.
 

Chansons (Live)

Auteur(s)

Durée

Ailleurs

N. Peyrac

4’47’’

La fanette

J. Brel

3’57’’

Le petit lapin

C. Arabian et G. Lenorman

2’35’’

La parade

J.- M. Jarre

2’43’’

Il faut dire que Gérard soigne ses interprétations sur scène et que ces versions ne souffrent aucunement d’un enregistrement « live » : le style de chansons facilite cet état de fait, ce serait moins évident pour des morceaux plus rythmés ou très dansants.
Les deux derniers titres inédits « Le funambule » et « La ballade des gens heureux » allaient connaître un sort plus enviable : elles sortaient en 45 T et allaient très vite faire partie des plus grands succès commerciaux de l’artiste.
« Le funambule », où Gérard manifeste son désir d’évasion et de liberté, va même être supplanté par ce qui devait n’être qu’une face B, enregistrée dans la version Olympia.
Mais « La ballade des gens heureux », ode au bonheur, allait connaître tellement de succès qu’elle sera réenregistrée en studio et apparaître sur tous les best of, compils, … mais encore une fois les deux versions sont de qualité.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Le funambule

C. Lemesle et M. Millet

3’16’’

La ballade des gens heureux

G. Lenorman et P. Delanoë

3’16’’

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ALBUM  « Drôles de chansons »

 

Année: 1976

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Comme une chanson bizarre

N. Peyrac et G. Lenorman

5’46’’

S’il vous plaît les nuages

J. V. Vérigneaux et Ph. Lhommet

3’53’’

Les cathédrales

D. Barbelivien et G. Stern

4’01’’

Le temps

D. Barbelivien et G. Stern

3’00’’

Gentil dauphin triste

P. Delanoë et G. Lenorman

3’48’’

Voici les clés

Pallavicini, T. Cutugno et P. Delanoë

3’46’’

Invitation à la mort

D. Barbelivien et G. Lenorman

5’10’’

Sous d’autres latitudes

Ph. Lavil

3’00’’

Michèle

D. Barbelivien et M. Cywie

3’08’’

Et puis lentement

D. et R. Seff

3’09’’

Drôle de chanson

D. Barbelivien

1’37’’

 Commentaires :

 Avant que ce nouvel album ne se retrouve sur le marché, Gérard Lenorman sortit deux 45 T « Michèle » puis « Gentil dauphin triste » qui allaient cartonner et être repris sur le LP, par contre les deux faces B passaient à la trappe.
 « Michèle »
, chanson très nostalgique qui évoque le souvenir d’un premier amour, est un hommage aux Beatles non seulement via le titre et l’allusion à « Yesterday » dans les paroles mais aussi par la composition musicale assez semblable à plusieurs morceaux que les quatre gars de Liverpool créèrent principalement dans la seconde partie de leur carrière après l’arrêt définitif des tournées.
« Gentil dauphin triste » est une prise de position très nette contre le film « Les dents de la mer » mais le public, peu habitué à un tel coup de gueule de son artiste favori, a surtout considéré cette chanson comme une belle mélodie de vacances.
Ces deux titres constituaient déjà une sérieuse garantie de la qualité du 33 T mais d’autres morceaux allaient rencontrer le succès notamment « Voici les clefs » qui conte une séparation douloureuse et l’espoir d’un retour de l’élue de son cœur partie avec un autre : toujours ces histoires d’amour qui ne sont pas toutes heureuses, on peut chanter ce beau sentiment sans l’idéaliser et montrer qu’il peut devenir un fléau pour ceux et celles qui ont été trahis ou qui n’ont pas su le conserver au sein du couple.
Il y a beaucoup d’originalité au niveau instrumental dans cette dernière chanson : une flûte et un violon en alternance pour l’introduction, la présence d’une trompette et ce gimmick de violon pour servir une œuvre qui monte en puissance après le pont au milieu de la chanson : vraiment de l’excellent travail de Toto Cutugno.
D’autres thèmes sont abordés : tout d’abord le temps qui passe et son influence morale sur les personnes (« Le temps », « Et puis lentement »), l’amour bien sûr déjà évoqué dans deux des fers de lance de l’album mais aussi dans « Sous d’autre latitudes » où l’artiste a choisi l’exil pour tenter d’oublier, mais en vain, celle qu’il aimait (avec un air latino-américain tout à fait adapté, rien d’étonnant quand on sait que c’est Philippe Lavil qui a composé la chanson) et l’envie de faire la connaissance de Dieu pour ceux qui ne le sauraient pas encore (« S’il vous plaît les nuages »).
Dans « Les cathédrales », Gérard reconnaît qu’il s’est trompé et revient tenter de reconquérir celle qu’il aimait, avec en prime une petite touche supplémentaire vers la religion.
« Comme une chanson bizarre » est un message de paix alors que « Invitation à la mort », très déconcertant surtout le final, traite du problème de la drogue (avec Sitar et guitare électrique pour démarrer, Katmandou et Jimmy Hendrix ne sont pas loin).
Un 33 T présentant donc quelques nouveautés au  point de vue musical et un engagement plus prononcé sur certains sujets notamment dans les deux derniers titres, mais ils ont tous deux le handicap d’être longs (plus de cinq minutes) et en conséquence ils ne sont guère passés dans les médias, ceux-ci avaient du reste suffisamment de matière avec les hits que comporte ce LP.
« Drôle de chanson », très courte, qui ferme l’album est d’ailleurs plus une conclusion qu’autre chose : est-ce le rôle d’un chanteur de prendre parti et de faire apparaître ses propres opinions dans les textes ? 

En complément :

Voici les 45 T précédant l'album:

1976 : Michèle - Et je t'aime

 « Et je t’aime » : libre à chacun d’apprécier si la batterie, omniprésente dans l’orchestration, ne nuit pas à cette déclaration d’amour.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Et je t’aime

N. Peyrac et G. Narboni

3’40’’

 

1976 : Gentil dauphin triste - On n'est jamais content

« On n’est jamais content » : un rock’ n roll, c’est inattendu mais cela tient la route.

Chanson

Auteur(s)

Durée

On n’est jamais content

P. Delanoë et G. Lenorman

2’51’’

Voici les 45 T extraits de l'album:

1976 : Voici les clés - Comme une chanson bizarre

1977 :   Sous d’autres latitudes  -  Et puis lentement

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ALBUM  « Au-delà des rêves»

 

Année: 1977

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

La jeune fille à bicyclette

D. Barbelivien

2’55’’

Amour sans issue

D. et R. Seff

3’06’’

Mélodie du vent

P. Billon et R. Pratx

3’28’’

A contre jour

D. et R. Seff

3’08 ‘’

Au-delà des rêves (tu es fou)

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’20’’

Une révolution

M. Vidalin et G. Lenorman

3’15’’

Pour tant d’amour

M. Vidalin et G. Lenorman

3’35’’

Et si je dois mourir

D. et R. Seff

2’30’’

La mort du cygne

J.- M. Jarre

3’58’’

Je voudrais t’apprendre à rêver

P. A. Doussert et C. Gaubert

3’16’’

Couleur

P. Delanoë et F. Bernheim

3’20’’

 Commentaires :

Le titre phare de ce 33 T aurait eu de quoi casser l’image de gentil garçon romantique de l’artiste, tout du moins au niveau du texte car le romantisme est toujours bien présent et la musique soignée comme toujours.
Cette chanson constitue un spectacle à elle seule et obtient un succès justifié même si elle est à présent totalement absente des ondes : est-ce à cause du contenu (la folie, le viol) ?, d’une structure musicale inhabituelle ? Quoi qu’il en soit et même s’il y a beaucoup de subjectivité dans cette remarque, c’est du grand, du très grand Lenorman.
Gérard l’avait déjà interprétée lors de l’Olympia 75 ainsi que « La mort du cygne » (quelle orchestration de Jean-Michel Jarre !) que l’on retrouve également sur cet album.
Les morceaux qui composent ce 30 cm ne sont pas les plus connus du chanteur pourtant certains titres auraient mérité plus de chance auprès du grand public.
La rupture d’un amour est évoquée dans la chanson citée ci-dessus mais également dans « A contre-jour » : cette étape difficile pour un homme semble inspirer Gérard car les mélodies sont belles, néanmoins leur impact est resté très confidentiel.
Finalement, outre « Au-delà des rêves », la seule chanson qui a obtenu une certaine audience est « La jeune fille à bicyclette », rythmée, gaie, avec des passages musicaux qui évoquent Mozart.
Dans « Amour sans issue », l’artiste crie qu’il cherche l’amour : la partie chantée est assez soutenue et alterne avec des ponts musicaux plus lents.
« Mélodie du vent » s’ajoute aux deux chansons précédentes, quoique moins rythmée, pour parler d’amour et l’admiration de Gérard Lenorman pour la gent féminine et la pureté de l’enfance.
Celle-ci est assez présente sur le 33 T, l’interprète aimerait faire partager ses rêves à ses enfants (« Je voudrais t’apprendre à rêver ») et la séparation avec eux serait très dure à supporter (« Pour tant d’amour » évoque un père triste qui ressent la douleur d’être privé trop souvent de son enfant).
Gérard aime associer un sentiment  ou un état d’esprit à une « Couleur » et s’il devait faire « Une révolution », elle serait pacifique, les fleurs et la musique remplaceraient les armes afin d’obtenir un monde meilleur.
Mais s’il ne devait pas parvenir à changer quelque chose, il mourrait seul et dans l’oubli, sans avoir laissé la moindre trace de son passage sur terre (« Et si je dois mourir ») : qu’il se rassure, personne ne lui en demande autant.
C’est aussi une chanson sur la solitude : un autre sujet que le chanteur aborde régulièrement dans sa carrière.

En complément :

Voici le 45 T extrait de l'album:

1977 : Au-delà des rêves - La jeune fille à bicyclette

L’ANNEE  1977

 Après « Au delà des rêves » sorti en simple et en LP, Gérard Lenorman mit sur le marché deux autres 45 T au cours de cette année.
Le premier vit la face B supplanter le morceau sur lequel la maison de disques fondait plus d’espoir « Elles s’en vont les amours » qui parle des amours éphémères.
Mais le public ne pouvait pas rester indifférent à cet autre beau sentiment qu’est l’amitié.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Elles s'en vont les amours

P. Delanoë et G. Lenorman

4’17’’

Un ami

D. Barbelivien et G. Stern

3’22’’

Enfin, « L’enfant des cathédrales » dévoile l’enfance religieuse de Gérard et l’élément déclencheur de son envie de chanter, le tout sur une musique adaptée au texte, avec harmonium, chœurs et la voix qui monte très haut.
Cela donnera un nouveau succès qui écrasera totalement la face B où l’artiste s’adresse à Dieu et au père Noël.

Chansons

Auteur(s)

Durée

L'enfant des cathédrales

D’Orazio, Brioshi, Minellono et P. Delanoë

4’45’’

Monsieur le grand patron

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’02’’

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Double Album  « Nostalgies»

 

Année: 1978

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Ouverture

D. Barbelivien et G. Lenorman

2’40’’

Les champs de la ville

D. Barbelivien et G. Lenorman

3’10’’

Lilas

D. Buisson et R. Pratz

2’45’’

La complainte de Saint-Jean

D. Buisson

2’30’’

Pas de rock ‘n roll

C. Mainguy

4’27’’

Elle a quitté la maison

P. Roche

3’55’’

So long Maria

D. Barbelivien et G. Lenorman

2’57’’

Freedom

P. Delanoë et G. Lenorman

3’11’’

Mon beau pays de France

P. Delanoë et G. Lenorman

4’03’’

D’accord

D. Barbelivien et G. Lenorman

2’26’’

Audition

D. Barbelivien et G. Lenorman

3’03’’

Dieu est amoureux

M. Vidalin et G. Lenorman

3’49’’

La place où tu n’es pas

R. et D. Seff

3’19’’

Mes chansons images

D. Barbelivien et G. Mattéoni

3’14’’

Marie Colombe

D. Barbelivien et M. Cywie

3’53’’

Jour après jour

C. Peguand et R. Seff

3’14’’

Le mariage

M. Vidalin et V. Sirli

3’03’’

Lorsque j’aurai cent ans

R. Pratz et F. Seybac

3’17’’

Nostalgies

D. Barbelivien et G. Lenorman

9’40’’

Commentaires :

Le nom de l’album indique évidemment le principal  concept que Gérard Lenorman tient à développer.
Dès le premier titre, il annonce la couleur en parlant des endroits champêtres fréquentés au cours de son enfance, enfonce le clou avec « Les champs de la ville » où sa préférence pour la campagne au détriment des cités urbaines ne fait plus de doute (pour ceux qui en avaient encore) et en remet une couche avec « Lilas » où il se souvient du charme de ses premières amours dans une nature
et dans des lieux qu’il affectionne.
S’il est conscient de ce que l’on doit aux américains en 1944, il regrette profondément l’américanisation de la France et la
dépendance économique de son pays envers les citoyens de l’oncle Sam (« Freedom », « Mon beau pays de France »).
Concernant son métier, un petit clin d’œil : dans « Pas de rock’n roll », il avoue qu’il est difficile pour un artiste catalogué romantique de chanter du rock au risque de déplaire à certains admirateurs, plusieurs titres de ses chansons sont cités dans les couplets bercés par une musique douce mais le refrain est totalement rock’n roll et donc le but est malgré tout atteint.
Comment un interprète peut-il arriver à changer occasionnellement de style sans froisser ses fans ? Demandez la recette à Gérard Lenorman.
Il prend aussi une revanche sur ceux qui n’ont pas cru en lui au début de sa carrière (« Audition ») mais concernant son répertoire, il est parfaitement lucide (« Mes chansons images », une berceuse).
Le rêve inabouti est de nouveau mentionné dans « Elle a quitté la maison » puisque la jeune fille qui voulait vivre sa vie avec un garçon est revenue sur ses pas ; Les difficultés amoureuses sont toujours bien présentes dans « D’accord » où le chanteur est prêt à faire des concessions pour conserver celle qui s’apprête à le quitter, et dans « So long Maria » où la différence de mode de vie semble la principale cause d’une séparation : l’Amérique est encore présente dans le texte ainsi que le goût de l’auteur pour les régions verdoyantes puisqu’il s’agit d’un couple qui occupait un ranch mais Maria n’aime pas la vie campagnarde et préfère retourner en ville.
Et puis le vide laissé par le départ de celle qu’on aime peut être insupportable (deux complaintes : « La place où tu n’es pas »,  « Marie Colombe »).
Pas de défaitisme, on peut toujours retrouver le bonheur (« Jour après jour » avec la présence inhabituelle d’un accordéon) et Gérard ajoute que l’excès de pudeur n’est pas de mise en amour (« Le mariage » au tempo soutenu). 
Et l’évocation de la religion est-elle absente du disque ? Absolument pas, « Dieu est amoureux » (un gospel) nous apprend que l’amour n’est pas un pêché et puisque le seigneur montre la voie à suivre, plus rien ne peut empêcher deux êtres de s’aimer.
On a même droit à une allusion à un livre de la Bible avec l’Apocalypse selon Saint-Jean, mais il y a surtout beaucoup de recherche dans la mélodie.
Gérard Lenorman y va de son second clin d’œil en annonçant que, lorsqu’il aura cent ans, il deviendra un épicurien, un peu grivois, un peu anar, c’est un morceau qui sort du contexte plus grave de l’ensemble de l’album.
Le disque se referme sur « Nostalgies » où le chanteur nous parle du monde actuel qui tourne trop vite, où les gens ne trouvent plus le temps de s’aimer et de se parler, et de la destruction de l’environnement.
C’est un cri du cœur sur une orchestration impressionnante mais le morceau est interminable et n’a(vait) aucune chance de passer sur une quelconque radio, ce qui contrarie forcément le but recherché.
Le paradoxe de ce double LP est qu’il ne contient pas énormément de « hits » si on excepte « Lilas » et, dans une moindre mesure, « So long Maria », or le disque a bien marché et a été accueilli avec ferveur par la critique.
Bien sûr, dès la sortie du disque, la notoriété du chanteur a joué en sa faveur  en ce qui concerne les ventes, de plus certaines personnes du métier, qui estimaient (à tort) que Gérard ne chantait que l’amour, les fleurs et les petits oiseaux, le tout sur fond de musiques sirupeuses, se sont rendus compte que Lenorman disposait de plus de cordes à son arc qu’ils ne le pensaient et ont voulu encourager ce changement.
Il est vrai que les textes de ce double 30 cm ont (enfin) marqué les imaginations, en tout cas certainement  plus qu’au cours des œuvres précédentes de Gérard.
Cela s’est-il fait au détriment des mélodies ? Rien n’est moins sûr.
A chacun son idée évidemment cependant, en considérant l’ordre où apparaissent les titres, la première moitié du disque est à coup sûr de grande qualité.
Mais sur le second 33 T principalement, plusieurs chansons sont sans doute plus banales au niveau musical et/ou moins chantantes.
Pour attirer l’attention sur les paroles, un chanteur se doit-il de le faire sur des musiques moins harmonieuses ou moins entraînantes ? Une belle balade qui s’écoute avec plaisir fait-elle passer son contenu à la trappe ? Le débat reste ouvert.

 En complément :

Voici les 45 T extraits de l’album :

1978 : Lilas - Dieu est amoureux

1978 : So long Maria - Freedom

1978 : Chante en anglais - Les champsde la ville

« Chante en anglais » est une titre qui n’est pas extrait du double album, c’est une critique concernant l’abondance de la chanson anglo-saxonne sur les ondes.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Chante en anglais

P. Delanoë et G. Lenorman

3’42’’

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ALBUM  « Boulevard de l'océan»

 

Année: 1979

 

 

Les titres :

 

Chansons

Auteur(s)

Durée

La reine catholique

G. Lenorman, J.- P. Bourtayre et E. Roda Gil

4’40’’

Mafia and mafia

G. Lenorman, J.- P. Bourtayre et E. Roda Gil

3’40’’

Je vis, je meurs

G. Lenorman, J.- P. Bourtayre et E. Roda Gil

2’33’’

Cheveux paille

M. Ciwie et E. Roda Gil

3’33’’

La fête de juillet - juillet

G. Lenorman, J.- M. Benjamin et E. Roda Gil

3’43’’

Boulevard de l’océan

J.- P. Bourtayre et E. Roda Gil

4’19’’

Aurélie, New-York city

G. Lenorman, J.- P. Bourtayre et E. Roda Gil

3'09’’

Y’a plus d’printemps

J.- P. Bourtayre et E. Roda Gil

3’30’’

Dernière nuit d’une église noire

G. Stephans, D. Black et E. Roda Gil

3’48’’

Réconciliation de Bob Dylan et de Rockfeller

G. Lenorman et E. Roda Gil

3’10’’

Commentaires :

 Voici certainement un album dont le moins que l’on puisse dire est qu’il verse dans le pessimisme.
« Boulevard de l’océan » évoque les jeunes starlettes qui rêvent de devenir des actrices confirmées sans se douter de certains pièges que le monde artificiel du septième art est capable de tendre à ces débutantes.
« Aurélie New-York city » parle d’une orpheline de 15 ans qui se prostitue pour gagner sa vie dans cette grande ville américaine.
Deux tableaux assez noirs avec pourtant, autre parallélisme, des musiques douces pour ces chansons.
« Y’a plus d’printemps » attire l’attention sur le fait que les gens malheureux sont délaissés par les autres ; selon l’artiste cependant, cette indifférence a son explication : chacun s’efforce de faire croire que la vie est belle et pour tromper ses proches (ou se tromper soi-même) s’entoure de gens gais, donc on crée une façade qui camoufle la vérité.
Ici c’est une mélodie entraînante qui accompagne cette triste réalité.
« Dernière nuit d’une église noire » est une nouvelle condamnation de la destruction de l’environnement et des vielles demeures, des fermes, ... afin de faire place au « béton » (garages, sociétés,..)
Puis vient « Réconciliation de Bob Dylan et de Rockfeller » ou quand deux personnalités si différentes (un contestataire et un businessman) ne sont finalement pas nécessairement aux antipodes l’une de l’autre : tous les hommes ont leurs qualités et leurs défauts et personne n’est réellement totalement bon ou totalement mauvais, il faut savoir faire la part des choses.
A noter la transformation du nom «  Rockyfeller » dans les paroles : est-ce parce que les coups de Sylvester Stallone font aussi mal que les OPA boursières du milliardaire américain au cours du siècle passé ? A chacun son opinion mais avec un parolier comme Etienne Roda Gil, on ne peut pas toujours être affirmatif.
« La reine catholique » se caractérise par des augmentations de rythme : selon la tristesse ou la révolte de Gérard, prêt à partir loin pour trouver le bonheur, la vitesse de la musique s’intensifie.
L’interprète se dit même que l’on n’est pas si mal en prison, lorsque la violence règne au-dehors ou que le  climat extérieur est malsain (« Mafia and mafia »), avec de puissants « cuivres » pour appuyer les propos.
Une notation sur le disque permet aux auditeurs de savoir que « Je vis, je meurs » est un hommage à Louise Labé, poétesse française du 16ème siècle (le titre est effectivement le début d’un de ses sonnets), libérée, féministe, « garçon manqué » pour ce qui est de la pratique du sport : critiquée régulièrement, elle fut un peu délaissée sur la fin de sa vie.      

Dans « Cheveux paille » un homme se retrouve seul et exprime sa douleur de ne plus voir celle qu’il aimait.
Il y a cependant une chanson gaie, « La fête de juillet - juillet » où deux enfants envisagent une petite escapade amoureuse pendant que la fête bat son plein au sein d’une ville portuaire.
A noter enfin la pochette : des dessins aux couleurs vives représentant Lenorman et plusieurs titres du 33 T,  c’est joyeux, très en contraste par rapport au contenu de l’album mais cela a en tout cas le mérite de l’originalité.

En complément :

Voici les 45 T extraits de l’album :

1979 : Boulevard de l'océan - Y'a plus d'printemps

1979 : La fête de juillet-juillet  -  Réconciliation de Bob Dylan et de Rockfeller

L’ANNEE  1979

 Très prolifique, Gérard Lenorman sort aussi un autre double album live « Olympia 79 ».
Globalement, l’interprète chante beaucoup de titres enregistrés au cours des 3 dernières années (même si certains n’ont pas été des tubes) et termine par un long pot-pourri de ses premiers succès.
Un seul morceau (« Une bonne tête ») n’a, à ce moment, pas encore eu droit à un enregistrement studio mais ce sera chose faite quelques années plus tard sur l’album « Fière et nippone ».

Coincé entre les albums annuels que Gérard Lenorman sortait à cette époque, un 45 T vit le jour.
Selon l’artiste, « Une chanson » est un excellent remède contre les mauvais souvenirs mais reste indissociable des bons : c’est une jolie ballade (qui reste le fonds de commerce de Gérard) avec une belle introduction au piano.
« Ca va », morceau plus rapide, nous propulse 20 ans plus tard, en 2000, où tout ira bien au niveau économique et le plaisir sera permanent (La modernité et les ordinateurs faciliteront la vie de tout un chacun) : un excès d’optimisme diront certains (l’échéance concernée étant dépassée, on ne peut que leur donner raison), en vérité plutôt un second degré car l’interprète est trop réaliste pour espérer qu’un tel idéal arriverait.
Mais une chanson positive, cela ne peut jamais faire de tort à personne.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Une chanson

G. Lenorman, D. Barbelivien et B. Estardy

2’27’’

Ça va

P. Delanoë, G. Lenorman et T. Cutugno

3’57’’

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ALBUM  « LA  CLAIRIERE  DE  L’ENFANCE »

Année: 1980

Les titres :  

Chansons

Auteur(s)

Durée

J’habite une petite maison

G. Lenorman

0’46’’

La clairière de l’enfance

P. Delanoë et G. Lenorman

3’42’’

Endors-toi

D. Barbelivien et G. Stern

2’42’’

La gadoue

P. Delanoë et G. Lenorman

3’04’’

Maman-amour

P. Delanoë et G. Lenorman

2’31’’

La rue des parents perdus

P. Delanoë et G. Lenorman

4’03’’

Frédéric et l’OVNI

P. Delanoë et G. Lenorman

3’18’’

La leçon de piano

P. Delanoë et G. Lenorman

2’06’’

H2O

P. Delanoë et G. Lenorman

2’22’’

Poussière de lune

P. Delanoë et G. Lenorman

3’30’’

Si j’étais président

P. Delanoë et G. Lenorman

3’47’’

 Commentaires :  

Retour à un 33 T consacré à l’enfance avec des musiques adaptées à ce genre de texte.
Plusieurs souvenirs de l’adolescence de Gérard ainsi que beaucoup de nostalgie reviennent dans les paroles avec cependant quelques petites « piques » sur des sujets qui lui tiennent à cœur.
Dans « Endors-toi », l’innocence des enfants prend le pas notamment sur la cupidité et l’ambition parfois démesurée des adultes.
Autant l’amour des parents peut rendre les premiers étapes de la vie faciles et agréables, autant certains gosses vivent difficilement cette période quand père et mère ne les ont pas spécialement désirés : tous mériteraient le bonheur mais certains coupent le cordon ombilical dès qu’ils le peuvent et quittent le foyer qui ne leur a pas apporté le bonheur (« La rue des parents perdus »).
Un petit garçon (Frédéric) est même prêt à abandonner sa maison pour partir avec des extraterrestres qui ne connaissent pas les disputes et vivent sur une planète où l’amour règne.
Et puis, moins grave certes, il existe des parents qui imposent certaines activités à leurs enfants alors que ces derniers ne partagent pas leur goût (« La leçon de piano »).
Ambitieux et déçu des siens, un jeune indien souhaite aller faire des études puis vivre sa vie loin de sa tribu afin d’échapper au côté devenu mercantile de ses « frères » qui ont abandonné leurs traditions notamment pour acheter du whisky (« Poussière de lune »).
Gérard Lenorman dénonce également le gaspillage de l’eau, un bien pourtant indispensable à la survie du monde.
Enfin on trouve le plus grand succès de l’album, « Si j’étais président », une chanson à prendre au second degré et totalement à l’intention des jeunes auditeurs.
Outre, les deux tubes du LP sortis en 45 T et certaines chansons qui auraient pu avoir une plus grande notoriété telles « Endors-toi » ou « J’habite une petite maison » qui revient 3 fois sur le disque mais est volontairement courte, l’ensemble des autres titres se caractérise par des paroles assez simples (logique vu la cible visée) et des musiques moins élaborées.

 En complément :

Voici les 45 T extraits de l’album :

1980 : Si j'étais Président - La gadoue

1980 : La clairière de l'enfance - Frédéric et l'OVNI

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Album  «...D'AMOUR»

 

Année: 1981

Les titres :

 

Chansons

Auteur(s)

Durée

La petite valse

D. Barbelivien et G. Lenorman

2’47’’

Chanson d’innocence

P. Simon, adaptation D. Barbelivien

3’11’’

Amour de pluie

D. Barbelivien et C. Assous

2’48’’

J’voulais seulement être un artiste

D. Barbelivien et G. Lenorman

3’55’’

… D’amour

M. Hellouin, T. Geoffroy et C. Loigerot

2’49’’

L’amour guerrier

P. Delanoë et G. Lenorman

4’47’’

Dernière image

D. Barbelivien  et G. Lenorman

3’57’’

Aventurière des aventuriers

D. Barbelivien et G. Stern

3’42’’

Merci (merci pour moi)

D. Barbelivien et Y. Martin

3’18’’

Les cris du cœur

D. Buisson

4’35’’

Pourquoi mon père (Warum mein vater)

G. Lenorman

4’16’’

Commentaires :

Avant la sortie de l’album, Gérard Lenorman découvrit, à 36 ans, qui était son père biologique alors qu’il ignorait tout de lui puisque sa mère n’avait jamais révélé le secret.
Il écrivit directement une chanson sur ce sujet douloureux en se remémorant les durs moments de son enfance, tant moralement que matériellement.
Cependant la phrase « Warum mein vater traîne dans mon cœur ? » est très caractéristique des gens qui se sont retrouvés dans la même situation que lui car les liens du sang sont très forts même si on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais son père.
Cette chanson sort en 45 T avant la parution du LP sur lequel elle sera reprise, au contraire de la face B.
Avec un titre comme « La petite valse », on devine directement le style musical de cette chanson nostalgique ; quant aux paroles, elles nous renvoient à des souvenirs pas très agréables de son enfance ainsi que l’apport positif de son métier de chanteur.
Pour être complet, on pourrait ajouter que le texte traite également du temps qui passe et du manque de communication, des sujets déjà évoqués antérieurement par l’interprète.
Les premiers moments difficiles de sa vie reviennent dans « J’voulais seulement être un artiste » où il se montre fier, à juste titre, de sa réussite professionnelle après avoir surmonté maintes difficultés.
Dans le même domaine, il revendique son image de rêveur, romantique, nostalgique, bref tous les qualificatifs dont on l’affuble sans que cela le touche le moins du monde (« Merci pour moi »).
Gérard Lenorman a peu utilisé (c’est le moins que l’on puisse dire) des musiques connues afin de les reprendre à son compte mais sur cet album, on trouve l’adaptation de « Sounds of silence » de Paul Simon, la bande originale du film « Le lauréat » : c’est un réquisitoire contre la destruction de la nature et de la faune et contre le nucléaire : à ce propos, la bombe atomique va détruire le monde (« Dernière image »).
Le côté pacifique de l’artiste est ainsi mis en valeur et il faut remarquer un revirement de position envers Dieu qui ne remplit pas son rôle en soutenant les « puissants ».
Mais, l’interprète est encore plus mordant sur une musique moins tendre pour dénoncer les guerres, la violence et l’utilisation que les médias font de ces tragiques faits divers : c’est du pain béni afin d’avoir une augmentation d’audimat et à force de toujours parler de certaines personnes qui ne méritent pas toute cette « publicité », on risque de finir par les confondre avec des héros (« L’amour guerrier »).
Gérard utilise le souvenir d’un agréable moment passé en compagnie de celle qu’il aimait pour symboliser tout l’amour qu’il éprouvait pour elle ; à présent, à son grand regret, elle ne fait plus partie de sa vie (« Amour de pluie ») et il lui propose d’ailleurs de se donner une nouvelle chance (« … D’amour ») et est prêt à la suivre quelle que soit sa destination (« Aventurière des aventuriers »).
S’il doit patienter pour la revoir, elle ne tombera pas dans l’oubli et, lors des retrouvailles, il lui déclarera son amour à haute voix et, bien entendu, en chansons (« Les cris du cœur »).

En complément :

Voici les 45 T extraits de l’album :

1981 : Warum mein vater - Lettre à Dieu

Gérard Lenorman écrit à Dieu car beaucoup de personnes meurent en raisons des guerres, de la bombe atomique et du monde moderne qui crée des engins de plus en plus rapides mais devenus très dangereux.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Lettre à Dieu

M Vidalin et G. Lenorman

4’08’’

 

1982 : La petite valse - Chanson d'innocence

1982 : Amour de pluie - J'voulais seulement être un artiste

L’ANNEE  1981

Coincé entre le 45 T « Warum mein vater » et la sortie du 33 T « … D’amour », un simple voit le jour.
Gérard nous parle de son pays et de ses bons côtés mais aussi d’un frein à la liberté d’expression.
L’autre face évoque le manque de communication et de sentiments entre les humains.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Entre Provence et Normandie

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’39’’

Y'a plus d'amour

D. Barbelivien, M. Ciwie et G. Stern

4’17’’

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L’ANNEE  1982

Outre les sorties des 45 T extraits du dernier LP et l’arrivée d’un simple anticipatif au prochain 33 T, un single apparaît sur le marché du disque : il est destiné aux enfants car, comme le titre le signale, les animaux se sont groupés pour former un orchestre (dans l’album suivant, on trouvera « Le pays musicien » et la nature se joindra aux enfants et aux oiseaux pour entonner de la musique).
La face B est la version instrumentale de la chanson et ainsi, avec les paroles indiquées au dos de la pochette, les auditeurs, grands et petits, peuvent chanter à leur tour.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Les animaux musiciens

C. Lemesle et G. Lenorman

3’50’’

Un double live enregistré au Palais des Congrès est également à la disposition de ses fans, cependant aucune nouvelle chanson ne se trouve sur ce disque qui synthétise assez bien la carrière de l’artiste.
 

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ALBUM  « Le soleil des tropiques»

 

Année: 1983

 

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Le soleil des tropiques

M. Vidalin et G. Lenorman

4’08’’

Le roi de mai

G. de Loonois et G. Matteoni

3’34’’

Douchka

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’28’’

Le pays musicien

M. Vidalin et G. Lenorman

3’15’’

Le faiseur d’or

G. de Loonois, G. Stern et G. Lenorman

3’19’’

On a volé la rose

P. Delanoë et G. Lenorman

4’21’’

Vive les vacances

M. Vidalin et G. Lenorman

3’38’’

J’écris

D. Barbelivien, G. Lenorman et R. Pratx

3’56’’

Je l’aimais

G. Lenorman et G. Stern

4’22’’

Le blues des pays de l’ouest

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’35’’

Jane

D. Buisson et G. Stern

3’39’’

 + (sur un tirage limité et sur CD) : Pierrot chanteur  -  Tu t’rappelles plus de rien

 Commentaires :

Voilà certainement un LP qui est d’une belle qualité et très varié tant au niveau des musiques que des textes.
Il y a un retour au romantisme et aux mélodies tendres mais aussi des prises de position nettes et sans équivoque.
A propos de ce dernier point, ceux qui prétendent que Gérard Lenorman ne peut pas être considéré comme un chanteur engagé, devraient écouter « Douchka » et « Le blues des pays de l’ouest ».
La première de ces deux chansons nous décrit le quotidien d’une jeune fille vivant à Varsovie, la capitale de la Pologne : une vie pas très agréable entre son travail à l’usine et les difficultés économiques et financières de cette ville grise qui n’offre guère de perspectives agréables et où le manque de liberté se fait sentir, et tout cela alors que Douchka est née durant la guerre dans le ghetto de Varsovie.
Elle rêve d’un avenir meilleur, sous le soleil, dans un pays où tout n’est pas surveillé et sévèrement contrôlé par l’Etat (Nous sommes en 1983 et le mur de Berlin n’est pas encore tombé).
Gérard pose un nouveau jalon de ce difficile vécu de la population dans la seconde chanson sans chercher à taire le nom du pays (la Hongrie) ce qui est rare dans une telle prise de position car en règle général on préfère critiquer en globalisant, on parle des nations situées de l’autre côté du rideau de fer plutôt que de citer un pays, histoire de limiter les risques de vexation voire d’entraîner des problèmes diplomatiques.
Mais ces textes sont chantés sur des musiques de qualité comme les autres titres de l’album du reste.
Les aspects romantiques et bucoliques se retrouvent dans « Le roi de mai », « Le pays musicien » ou « On a volé la rose » pour n’en citer que trois.
Plusieurs morceaux sont accompagnés d’une magistrale orchestration et les chœurs sont très présents, les passages instrumentaux ne sont pas des simples « ponts » de transition et avec la voix de Lenorman qui monte très haut à de nombreuses reprises, on a un peu l’impression d’écouter un opéra notamment dans « Douchka », « Le roi de mai », « Le faiseur d’or » ou « J’écris » qui nous explique les motivations de l’artiste pour écrire les paroles de ses chansons.
« Le roi de mai », « Le pays musicien » et « Le faiseur d’or » sont trois chansons positives, Gérard Lenorman laisse aller son imagination sur des contenus que l’on devine rien qu’en lisant les titres.
Dans « Le soleil des tropiques », l’interprète nous explique qu’il a franchi l’étape qui consiste à quitter le foyer familial pour aller réaliser son rêve : vivre de sa musique ; il encourage tout le monde à prendre son destin en mains comme il l’a fait lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte.
C’est une très jolie mélodie qui berce cette chanson, le piano et les violons donnent aux auditeurs un sentiment variant entre la tristesse et l’espoir.
« On a volé la rose » a été enregistré en public en 1982 et est sorti en simple un an avant l’apparition du 33 T : on a volé la rose, la rose de Brocéliande….. celle-ci est la forêt où se passaient les aventures de Lancelot et des chevaliers de la table ronde, où vivait l’enchanteur Merlin … bref le vol de la rose est un symbole de la fin des rêves, la mise à mal de l’imaginaire et sans nul doute un nouveau clou planté pour critiquer la destruction des régions campagnardes et de la flore.
On trouve aussi deux chansons d’amour mais qui se terminent mal : « Je l’aimais » (mais elle est partie car trop indépendante) et « Jane » (La distance empêche cette idylle de se poursuivre) : de belles musiques avec, contrairement à beaucoup d’autres du disque, peu de changement de rythme pour ces œuvres très douces et tendres.
On n’oubliera pas « Vive les vacances » qui met tout le monde de bonne humeur et a d’ailleurs connu un beau succès : c’est entraînant et très convenable au niveau musical.
Encore une fois, il y a beaucoup de variété dans les morceaux et pour tous les goûts : du lent, du rapide, des envolées tant de la voix que des instruments, des paroles fortes et parfois sans concession.
En trois mots : un excellent travail.

En complément :

Voici les 45 T extraits de l’album :

1982 : On a volé la rose - J'écris

1983 : Vive les vacances - Jane

L’ANNEE  1983

Gérard Lenorman écrit la musique du film de Jean-Claude Brialy « Un bon petit diable » d’après le comtesse de Ségur, et il interprète la chanson du film.
La face B est instrumentale.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Un bon petit diable

M. Vidalin et G. Lenorman

2’55’’

Deux chansons bien différentes sur cet ultime 45 T de l’année 83 : « Pierrot chanteur » est une allusion supplémentaire à son métier, c’est une belle et amusante envolée du chanteur mais, par contre, dans « Tu t’rappelles plus de rien », le texte est beaucoup plus grave car il s’adresse à son épouse (son mariage avec Caroline bat sérieusement de l’aile à cette époque et le couple se séparera définitivement quelques années plus tard) en évoquant quelques moments-clefs passés ensemble (les bons mais aussi les épreuves) en les resituant par rapport à des évènements réels qu’ils soient politiques ou autres.
Pour éviter que cela semble trop autobiographique, Gérard Lenorman a apporté quelques modifications par rapport à la réalité, notamment les prénoms de ses enfants, mais personne n’est dupe.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Pierrot chanteur

J.M.Berlat et J.P. Goussaud

3’40’’

Tu t'rappelles plus de rien

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’43’’

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L’ANNEE  1984

Année nettement plus calme au point de vue des nouveaux disques : un seul 45 T.
La face A nous apprend que l’artiste désire retrouver ce beau sentiment qu’est l’amour : il l’exprime en y mettant tout son cœur et avec la voix qui monte en puissance, le tout sur fond de musique tendre.
Puis en toute logique, c’est l’étape suivante car, dans « de toi pour moi », il déclare sa flamme et espère une réponse positive : ici la chanson est moins douce musicalement parlant.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Amoureux encore

D. Barbelivien et G. Lenorman

3’51’’

De toi pour moi

P. Delanoë, G. Lenorman et C. Assous

4’32’’

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Album  «Fière et Nippone»

 

Année: 1985

Les titres :

 

Chansons

Auteur(s)

Durée

Fière et nippone

M. Ciwie, H. Steimen et E. Bouskela

4’05’’

Toujours là (amoureux de toi)

G. Lenorman

4’05’’

Château de paille

C. Gaubert, D. Barbelivien et G. Lenorman

4’25’’

La créature

M. Ciwie, H. Steimen

3’54’’

Circus

M. Ciwie, H. Steimen

3’35’’

La nuit du chat

M. Ciwie, H. Steimen

4’35’’

Naturel

M. Ciwie et D. Ichbiah

3’55’’

Les mains sur le volant

G. Lenorman et D. Barbelivien

3’36’’

Vidéoscope

M. Ciwie et D. Ichbiah

3’54’’

La bonne tête

G. Lenorman

3’34’’

Commentaires :

« Fière et nippone » est certainement un des albums les moins connus de Gérard Lenorman.
Comment expliquer ce fait tout en s’efforçant de rester objectif ?
Il y a sans doute plusieurs morceaux qui manquent de mélodie : on a beau dire que l’air ne fait pas la chanson, certaines d’entre-elles en manquent un peu trop (« La nuit du chat », « Naturel » par exemples).
D’autres chansons proposent une musique plus « musclée » ce qui n’est pas dérangeant si elle est de qualité : c’est le cas pour « Fière et nippone » où on retrouve évidemment des passages musicaux typiques des pays asiatiques, mais pas pour « Château de paille » et dans une moindre mesure pour « Circus ».
Sur 10 titres, cela fait beaucoup de chansons que l’on qualifiera de « moyennes ».
D’autre part, des chansons comme « Toujours là », « La créature » et « Une bonne tête » sont de jolies ballades et auraient pu connaître une intéressante carrière mais c’est le 33 T en entier qui semble devenu une pièce de collection.
Les textes à présent : « Fière et nippone » évoque une call girl (japonaise comme de bien entendu) de luxe qui mène grand train et dont les occupations « professionnelles » ne lui permettent d’accorder ses charmes à l’interprète qu’en de rares occasions ; malgré cela, il reste fasciné par elle.
Dans « Toujours là », il s’adresse à celle avec qui il vient de rompre en lui disant qu’il reste amoureux d’elle et qu’elle pourra toujours compter sur lui dans les moments difficiles ou même si elle refait sa vie (Si cette chanson ne fait pas allusion à Caroline, c’est à n’y rien comprendre).
Gérard parle de ses jeux d’enfants à un compagnon de cette époque, celui-ci n’a pas l’air d’avoir franchi les étapes de la vie (« Château paille »).
Qui est « La créature » ? Mais c’est lui, pardi ! Triste, anéanti, il recherche une compagne qui voudrait de lui malgré sa déprime : avec « Toujours là », cela fait deux chansons douloureuses mais avec de belles  musiques, l’inspiration reste présente dans les difficiles périodes sentimentales.
« Circus », assez rythmé, permet à Gérard de comparer la vie à un cirque : il faut faire fi des risques et des mauvaises nouvelles, aller de l’avant malgré tout : « The show must go on », la vie continue.
L’artiste insiste, grâce à deux chansons, sur l’importance pour lui d’être resté lui-même : « La bonne tête » explique qu’à ses débuts, alors qu’il « grattait » pour obtenir un contrat, il n’a jamais voulu trahir le style musical qu’il affectionne et qu’il entendait rester fidèle à ce qu’il aime chanter.
Gérard Lenorman est resté « Naturel » que ce soit au niveau du look ou du caractère : si beaucoup sont d’accord sur cette réflexion, on ne s’étonnera pas que de nombreux auditeurs soient moins convaincus par la musique, assez assommante, de cette chanson.
Le besoin d’évasion, incontournable dans les thèmes abordés par Gérard, est repris dans « La nuit du chat » puisqu’il souhaiterait découvrir un autre univers, l’espace, les planètes : fuite pour oublier les peines et les problèmes ou rêve et curiosité à assouvir ?
Lors de la sortie de ce LP, « Les mains sur le volant » fut la chanson la plus diffusée sur les ondes : la musique, au style antillo-africain, est assez joyeuse et accompagne des paroles à l’avenant puisque l’interprète recherche de nouveaux horizons pour se changer les idées.
Enfin, « Vidéoscope » est une autre chanson entraînante de ce disque ; un disque qui ne méritait sans doute pas un accueil aussi mitigé de la part du public même si on a connu le chanteur mieux inspiré.

En complément :  

Voici les 45 T extraits de l’album :

1985 : Fière et Nippone - Toujours là

1985 : Les mains sur le volant - Château de paille

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L’ANNEE  1986

2 simples pour cette année : l’un qui passa inaperçu et l’autre nettement plus connu.
Le premier disque est « Jean-Sébastien », ou quand un chanteur de New York aimant le romantisme, donc complètement décalé au milieu de Harlem, décide de fuir cet environnement (avec un jeu de mots « 
Il a fait une fugue de Bach ») mais finit par se faire tuer.
Et on peut légitimement se poser la question d’un second calembour lorsque reviennent les paroles « 
Il sappelait Jean-Sébastien comme Bach » car cela pourrait très bien vouloir signifier « come back » (reviens).
D’ailleurs le titre de la face B reste dans le même registre : quant à l’histoire, c’est celle d’un couple séparé mais l’interprète promet de revenir un jour auprès de celle qu’il aime toujours.
Vu le sujet, la musique est logiquement très douce avec des petits solos de piano absolument agréables à l’oreille.

Chansons

Auteur(s)

Durée

Jean-Sébastien

M. Krikorian, M. Cywie et G. Di Nino

4’03’’

Jamais deux sans toi

M. Krikorian et G. Lenorman

2’45’’

Le second 45 T est une adaptation parfaitement réussie de « Take my breath away » du groupe Berlin (la musique du film « Top gun »).
Gérard a peu utilisé les chansons anglo-saxonnes afin de les reprendre à son compte (et c’est tout à son honneur) cependant, dans les paroles, il y a beaucoup d’allusion aux avions et au ciel (évocation du film) mais l’auteur, qui aime les jeux de l’amour, a cette fois perdu la partie et digère difficilement sa défaite.
L’artiste se souvient d’une aventure amoureuse lorsqu’il était jeune garçon dans « Vacances en France » : ce fut sa première expérience sexuelle et il nous la raconte avec beaucoup d’humilité dans cette jolie balade.
En écoutant la chanson, on pense inévitablement au film « Un été 42 » (décidément le septième art est très présent sur ce single) sauf que cela se passe dans les années 60 et non pendant la sombre période de 40-45 (mais une allusion de Gérard, parlant d’un ciel de guerre, nous met sur la voie pour nous remémorer cet excellent film).

Chansons

Auteur(s)

Durée

Le bleu des regrets

G. Moroder, T. Whitlock et D. Barbelivien

4’35’’

Vacances en France

D. Barbelivien et G. Lenorman

3’57’’

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Album  «Heureux qui communique»

 

Année: 1988

Les titres :

 

Chansons

Auteur(s)

Durée

Chanteur de charme

C. Lemesle et G. Lenorman

4’07’’

Je suis un con

S. Collaro et G. Lenorman

3’52’’

Le maître des étoiles

H. Stiemen et V. Valley

3’36’’

La saison des pluies

J.- M. Berriat, P. James et P. Stive

4’21’’

Heureux qui communique

M. Krikorian, M. Cywie et G. Lenorman

3’57’’

Sans rire

M. Krikorian et G. Di Nino

 

Why

G. Lenorman, J.- M. Berriat et P. Stive

4’34’’

Le vieux chanteur blanc

J.- M. Berriat et G. Lenorman

4’34’’

La vie en rock

M. Krikorian et G. Di Nino

4’14’’

Vide ton verre et n’y pense plus

D. Barbelivien et G. Lenorman

4’21’’

La chanson « Sans rire » ne se trouvait pas sur le 33 T et n’est apparue que lorsque cet album a été réédité en CD.

Commentaires :
 

Comme il l’aura fait à plusieurs reprises, Gérard Lenorman sort un 45 T avant l’apparition de l’album.
C’est en 1987, un an avant le 33 T, que « La saison des pluies » se retrouve sur les ondes et dans les bacs.
Ce titre, parlé sur les couplets et chanté sur les refrains, voit un homme, brisé par une séparation amoureuse, qui décide de tout quitter pour rejoindre l’Afrique sans que ce soit un but en soi, l’important est d’aller loin.
C’est une chanson très imagée, en l’écoutant on voit défiler le fil de ses pensées ainsi que le décor qui l’entoure.
Résultat ( ?) : « Le vieux chanteur blanc », parti pour oublier les problèmes et se ressourcer, se retrouve au milieu de ce continent mais seul et par conséquent sans amour.
Gérard parle-t-il de lui ? De quelqu’un d’autre ou alors ne faut-il pas pousser trop loin et se dire que les paroles sont sans rapport avec une réalité quelconque ?
Le style de la chanson, notamment les chœurs, est typique des musiques de l’Afrique noire et cela au moins, c’est indiscutable.
Une autocritique dans « Je suis un con » car il n’a pas su dire à Caroline combien il l’aimait : du reste, il l’aime encore mais maintenant tout est fini et il le sait.
On peut aussi deviner une petite allusion au rôle néfaste (pour une fois) qu’a joué son métier dans cette séparation car en étant constamment parti aux quatre coins du monde, il a créé un obstacle au bonheur de son couple.
Mais Gérard se relèvera de ce passage difficile et chassera toutes les idées noires qui lui sont passées par la tête (« Sans rire » au rythme reggae).
Du point de vue des sujets plus positifs du LP, on peut citer le titre qui donne son nom à l’album car il  traite du fait que la chanson est un moyen de communication parmi d’autres pour supprimer les différences entre les hommes et rétablir l’amour entre les peuples.
Mais « Heureux qui communique » est probablement un hommage à Georges Brassens (que Gérard aime beaucoup) car le début, tant musicalement qu’au niveau du texte, ressemble assez fort à la chanson du film « Heureux qui comme Ulysse » (a fait un beau voyage ……..) interprétée par le gars de Sète.
Un extra-terrestre, à moins que ce ne soit Dieu en personne, s’adresse aux humains pour leur dire qu’il les aime dans « Le maître des étoiles ».
Gérard défend la France à l’eurovision 88 avec « Chanteur de charme », chanson entraînante et adaptée à cette compétition (Il finira 10ème) dont le thème est « Il faut chanter l’amour comme je le fais depuis le début de ma carrière ».
Son public le savait car il y a déjà fait allusion : Gérard Lenorman aurait voulu être un chanteur de rock (« La vie en rock ») qui crierait sa révolte face aux difficultés et injustices de la vie mais la chanson est finalement assez lente alors que le contenu pouvait laisser penser que cela aurait plus de tonus.
« Why » n’est pas tendre envers Dieu : l’artiste ne le tient pas entièrement pour responsable des problèmes qui existent sur la terre mais il lui reproche sa passivité et d’avoir mis les êtres humains au milieu de ce monde cruel : la position du chanteur envers le Seigneur a beaucoup changé depuis les années 70.
Au cours de cette décennie, il lui rendait hommage, aurait voulu le rencontrer, et cela se remarquait dans pas mal de chansons, mais depuis « Lettre à Dieu » (qui était déjà une première attaque) en 1981, silence total à son sujet avant de lui faire à nouveau des reproches sur ce 33 T.
On trouve aussi une attaque contre les égoïstes, insensibles aux problèmes autres que les leurs et qui n’ont même pas le courage d’intervenir quand ils en ont la possibilité (« Vide ton verre et n’y pense plus »).

En complément :  

Voici trois 45 T extraits de l’album :

1987 : La saison des pluies - Vide ton verre et n'y pense plus

1988 : Chanteur de charme - Heureux qui communique

1988 : Je suis un con - Le vieux chanteur blanc

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L’ANNEE  1989

Les deux 45 T sortis en 1989 ont pour diviseur commun d’être consacrés à l’enfance.
Le premier « Tous (ou Nous) les enfants du monde » a été créé pour l’UNICEF et est d’abord apparu, sans pochette, dans un magazine (« Pif » pour ne pas le citer) en tant que gadget accompagnant l’illustré.
Avec les chanteurs de Bondy, Gérard évoque les droits des enfants, des droits qui sont trop souvent bafoués dans beaucoup de parties du globe.
Sur un rythme très entraînant, l’interprète parle des enfants battus, de ceux qui ont faim, qui font la guerre, qui n’ont pas de famille ou qui sont obligés de travailler : une vision dure mais totalement réaliste de notre monde.
La chanson s’écoute avec beaucoup de plaisir et nous fait prendre conscience de la chance que nos enfants ont de ne pas être confrontés à ces problèmes, même s’il y a des exceptions partout.
La face B est la version instrumentale.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Tous les enfants du monde

C. Lemesle et P. Lemaïtre

3’56’’

Le second single fut pour Gérard  l’occasion de chanter avec sa fille Clémence : celle-ci se demande si le Père Noël existe réellement ou si les papas ne travaillent pas en sous-traitance pour lui.
Loin d’être décontenancé, l’artiste lui réplique que l’important est de continuer à croire au Père Noël car rêver et apprécier les merveilleux sentiments que sont l’amour et l’amitié sont des choses bien plus essentielles que de chercher des réponses rationnelles sur les difficultés que rencontre le Père Noël, notamment l’énorme quantité de jouets à fabriquer et transport malaisé en descendant dans les cheminées : belle philosophie, n’est-il pas ?
Ici aussi, la face B est l’instrumental de la chanson.

Chanson

Auteur(s)

Durée

Père Noël

G. Lenorman, P. Delanoë et V. Vallay

3’55’’

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Album  «Il y a......»

 

Année: 1993

Les titres:

 

Chansons

Auteur(s)

Durée

90’s Generation

G. Lenorman et D. Barbelivien

5’55’’

Clémence

G. Lenorman

4’20’’

Monfort-l’Amaury

G. Lenorman et P. Lemaitre

5’30’’

40 000 enfants

G. Lenorman et R. Bernett

5’32’’

Maria de Belem

G. Lenorman et P. Delanoë

4’39’’

Histoires d’amour

C. Accardi et C. Perraudin

3’37’’

Pleure pas

G. Lenorman, H. Dumas et T. Durbet

4’43’’

Moi vivant

G. Lenorman

3’58’’

My sweet baby Lou

G. Lenorman et P. Lemaitre

5’06’’

I never say good bye

G. Lenorman et R. Bernett

4’45’’

Il y a …

G. Lenorman et R. Bernett

4’58’’

 3) Commentaires :

Sans craindre de se tromper, on peut dire que la séparation définitive avec Caroline a eu une grande influence sur cet album.
La fin d’un amour a souvent des conséquences néfastes pour le couple mais aussi pour leurs enfants.
L’enfance, qui a toujours tenu une grande place dans l’œuvre de Gérard Lenorman, est très présente sur ce disque d’autant plus que l’artiste évoque à travers deux chansons le malheur des enfants du tiers-monde.
« 40 000 enfants » meurent chaque jour de faim ou sont victimes des marchands d’esclaves ; certes, à notre niveau, on ne peut pas faire grand-chose pour eux mais Gérard rappelle que d’autres enfants proches de nous ont peut-être besoin d’aide : ouvrons les yeux avant d’accepter une certaine fatalité.
L’adoption d’un enfant originaire d’un de ces pays défavorisés est bien entendu un geste d’amour ainsi qu’un acte humanitaire exceptionnel mais on peut y déceler une (très) légère mise en garde : les origines brésiliennes de la petite « Maria de Belem » pourraient un jour revenir à la surface et perturber sa vie autant que celle de ses parents adoptifs, cela arrive parfois et un couple doit en être conscient avant de prendre une telle décision.
Cette très jolie chanson est bien entendu interprétée sur un rythme bossa-nova.
Lenorman avait sorti deux 45 T avant l’apparition du CD quelques années plus tard : « Monfort-l’Amaury » conte l’histoire d’un homme trahi, abandonné par son épouse qui est partie avec son amant mais surtout en embarquant les enfants : il est fortement démoralisé mais pas totalement abattu car il doute de la profondeur de ce nouvel amour, n’oublions pas le proverbe « Rira bien qui rira le dernier » même si la situation ne prête nullement à la gaudriole.
Du reste cette possibilité d’un retour est confirmée sur la face B, « My sweet baby Lou », avec un refrain qui s’emballe sans que la mélodie n’en souffre.
Le single avait eu du succès et était prometteur, cependant le second simple « Moi vivant », au style mi- argentin mi-jamaïcain avec un tempo tirant sur le reggae, allait moins convaincre le public.
Au niveau du contenu de ce dernier titre, Gérard poursuivait sur sa logique puisque les épreuves, professionnelles ou autres, n’ont pas eu raison de lui, il est toujours bien présent et prêt à « repartir au combat ».
On découvre aussi une chanson en hommage à sa fille « Clémence » où la tristesse de se retrouver loin d’elle apparaît clairement.
« I never say good bye » évoque à nouveau la séparation, Lenorman plaide non coupable mais l’espérance de retrouver celle qu’il aime est sous-jacent dans les paroles.
Les quelques titres évoqués ci-dessus consistent en une sorte de « bilan » de sa situation et de son état d’esprit suite à cette difficile épreuve, mais, comme il l’a laissé sous-entendre, le chanteur n’a pas envie de se lamenter outre mesure, il a bien l’intention de retrouver l’amour même si ce n’est pas nécessairement celui avec un grand A (« Histoires d’amour » très rythmé avec, ô surprise, la présence d’une cornemuse).
La perturbation de sa vie sentimentale ne l’a pas rendu amer au point d’oublier les amis à qui il tente de remonter le moral (« Pleure pas ») ou les proches décédés, les malheurs du monde, … le succès et la vie d’artiste restent secondaires derrière ce genre d’évènements (« Il y a … »).
Enfin sur un autre morceau entraînant (« 90’s Generation »), l’artiste insiste sur l’évolution de la jeunesse qui va de pair avec l’avance de la société, mais, toujours ouvert, il comprend leurs idées ainsi que l’envie, pour certains, de partir pour trouver le bonheur ailleurs.
La musique de cette chanson est dominée par les percussions et la guitare électrique, cela peut décontenancer certains mais n’y a-t-il pas plus belle preuve de l’ouverture d’esprit de Gérard Lenorman ?
En tout cas, au niveau musical, la recherche de nouveautés et d’originalité est incontestable.
Peut-être certains fans n’ont-ils apprécié cet album qu’à moitié, sans doute espéraient-ils y trouver plus de ballades comme dans les œuvres antérieures, pourtant la tentative de Gérard était méritoire et ce CD aurait mérité une meilleure place dans sa discographie.

 4) En complément :

- Sur la version canadienne du CD (1995), on découvre un titre supplémentaire superbe « Amène-toi chez nous » qui fait la  part belle à l’amitié et à la solidarité.

Chanson

Auteur

Durée

Amène-toi chez nous

J. Michel

4’28’’

- Voici les deux 45 T qui ont précédé la sortie de l’album :

1990 : Monfort-l'Amaury - My sweet baby Lou

1992 : Moi vivant - Monfort-l'Amaury

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Album  «La raison de l'autre»

 

Année: 2000

Les titres :

Chansons

Auteur(s)

Durée

Si on s’aimait vraiment

G. Lenorman et C. Lemesle

5’26’’

On dirait la vie

G. Lenorman et S. Moraillon

4’09’’

La force d’aimer

G. Lenorman et C. Lemesle

4’34’’

C’est peut-être les anges

G. Lenorman et A. Damecourt

3’51’’

Entre l’amour et l’infini

G. Lenorman et A. Damecourt

4’57’’

Pour voir

G. Lenorman et N. Peyrac

4’12’’

Solitaire

G. Lenorman

4’59’’

Le retour

G. Lenorman et C. Lemesle

4’24’’

Tout recommence

G. Lenorman et E. Lecomte

3’53’’

Aquarêve

G. Lenorman et H. Monette

4’03’’

Entre Lénine et Lennon

G. Lenorman et A. Damecourt

4’50’’

Y’a tant d’amour

G. Lenorman et P. Rinaldi

5’07’’

 3) Commentaires :

 2000, le début du 21ème siècle, l’occasion était belle de dresser la situation tout du moins en ce qui concerne les relations entre les humains.
Hélas, ce portrait de la vie n’est guère réjouissant selon l’artiste car cela manque cruellement d’amour, au sens large du terme, entre les êtres.
Et pourtant l’amour, il est indispensable de le récupérer au plus vite car les mauvais sentiments ont pris le dessus sur les bons comme en témoignent les combats militaires, l’abandon des enfants … (« On dirait la vie »).
Chacun reste chez soi, le manque de communication est flagrant, l’amour et l’amitié sonnent faux (« Si on s’aimait vraiment ») et il est indispensable de retrouver certaines valeurs : l’amour bien sûr à condition qu’il soit vrai, le travail, la pureté non seulement des sentiments qui sont « pipés » mais aussi de l’environnement (avec une petite pique vers le nucléaire) (« Solitaire »).
Le potentiel existe (« Y’a tant d’amour ») mais il faut l’exploiter (« La force d’aimer ») sinon l’avenir sera encore plus sombre qu’il ne l’est pour l’instant.
Les révolutions et autres manifestations réalisées au cours des lointaines années précédentes avaient semblé faire évoluer les choses dans le bons sens mais l’actualité faite de guerres, de malheurs et de difficultés en tout genre, indique clairement que certains maux reviennent au grand galop (« Tout recommence »).
Gérard n’a rien contre le rétro et trouve très bien que les gens découvrent, ou redécouvrent, certaines choses qui semblaient enterrées que ce soit dans le domaine musical, celui de la mode …. Mais le plus important c’est d’espérer le retour de l’amour (« Le retour »).
Dans « Entre Lénine et Lennon » », Gérard tient à préciser que chacun, qu’il soit célèbre ou non, a sa vie et son rôle à tenir sur terre : on peut ici remarquer une nouvelle preuve de son ouverture d’esprit sur le plan musical puisque, pour reprendre ses paroles, Mozart et Solar c’est la même histoire.
Les problèmes amoureux en tant que tels ne sont pas occultés lorsque l’artiste évoque dans quel état on se retrouve après une difficile rupture (« Entre l’amour et l’infini »), pourtant la volonté suffirait pour que le couple détruit se donne une seconde chance (« Pour voir »).
On mentirait en disant que cet album est d’une grande gaieté mais ce n’est certainement pas le style de Gérard Lenorman de faire la politique de l’autruche : il chante ce qu’il ressent et la réalité du monde lui fait établir des portraits et des situations sans complaisance.
Avec de tels textes, il est logique que l’on trouve des musiques très différentes de sa plus grande période de gloire (années 70 et début 80) : nul n’aurait l’idée de coller des refrains entraînants ou de douces mélodies sur des paroles qui n’incitent pas à un optimisme béat.
Mais plusieurs musiques (peut-être pas toutes mais à chacun d’apprécier) sont jolies et s’harmonisent parfaitement avec les contenus.
Malgré tout, deux titres diffèrent nettement de l’ensemble du CD.
Tout d’abord on découvre avec beaucoup de plaisir « C’est peut-être les anges » (Ceux-ci seraient toujours prêts à venir au secours de gens un peu désespérés ou qui risquent de faire des bêtises) qui doit beaucoup au rythme sud-américain très caractéristique de ce morceau, avec un accordéon en appui.
Quant à « Aquarêve », c’est une merveilleuse mélodie qui rappelle le style de ses débuts tant au niveau du texte que de la musique, c’est tendre, romantique, bucolique : Gérard a bien raison lorsqu’il affirme qu’il faut retrouver les valeurs du passé.

 

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L’ANNEE  2007

En parallèle avec la sortie de son livre, Gérard Lenorman mit sur le marché une nouvelle compilation mais qui comprenait deux chansons originales.
Le livre étant autobiographique, il était naturel que ces deux morceaux évoquent également le chanteur et c’est bien le cas.
Les belles chansons d’amour ont disparu !! Dommage mais c’est la réalité.
La campagne laisse peu à peu la place au béton !! Qu’importe.
Car s’il ne doit en rester qu’un, ce sera lui le dernier chanteur romantique (« Je vous reparlerai d’amour »).

« Il dansait » ou quand Gérard, par l’intermédiaire de Didier Barbelivien, traite de sa propre personne (Et souvent les oiseaux lui parlaient) même si certaines phrases doivent être prises au second degré (à moins qu’aucun de ses fans n’ait été mis dans le secret lorsque Lenorman devint samouraï).

Chansons

Auteur

Durée

Je vous reparlerai d'amour

D. Barbelivien

3’14’’

Il dansait

D. Barbelivien

3’44’’

 

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